Rouffignac-st cernin de reilhac

Entreprise
Charles Garrigue Delmont

Espace Mémoire
Entreprise Charles Garrigue Delmont
Désiré Vidal Rouffignac Dordogne

Les grands parents paternels :

Pierre Delmont et Marguerite Lansade vécurent à Barre où naquit Julien. Pierre travailla au château de Fleurac comme tailleur de pierres et, de Giverzac, s’y rendait à pied avec son casse-croûte et sa « piquette » dans la musette.

Il sera soldat, connut les tranchées où il fut recouvert vivant au chemin des Dames puis récupéré in extrémis. Pour ces faits il recevra un diplôme : « 1914-1918. M.Delmont Pierre soldat au 319° régiment d’infanterie 3 fois blessé CIL. A fait la campagne – 29-01-1915, en mémoire de la grande guerre ». Il recevra la Croix de Guerre, cité à l’ordre de son régiment à Verdun. En 1918 il deviendra métayer à Barre, puis au Sud. Si Marguerite savait lire, Pierre quant à lui ne savait pas.

Ses parents :

Julien Delmont dit Fernand est donc né le 8 juillet 1902 à Giverzac. Il ira à l’école de Rouffignac à pied puis, à 14 ans, deviendra maçon chez M.Destrade à Thenon. Son petit salaire lui permit d’acheter une bicyclette pour les trajets du week-end.

Il sera lui aussi tailleur de pierres pendant 4 ans puis entrera chez STD, autre entreprise de maçonnerie, près de la gare de Thenon.

Il fera son service militaire de 24 mois au Maroc et participera à la campagne de pacification contre Abd –El- Kader. Démobilisé il s’établit maçon à Barre.

Il se maria en 1923 à Plazac avec une voisine : Gabrielle Garrigue. Il travailla aussi comme métayer de Laudonie et c’est là que naquit Charles le 22 juin 1927. Petite anecdote : le beau-père de Julien n’ayant pas eu de garçon, insista pour que Charles fut appelé Charles Garrigue Delmont.

Parallèlement à la terre, Julien employait, comme Armand Pompougnac ou Edouard Lalot 2, 3 ouvriers pour la maçonnerie, réalisant peu de maisons nouvelles mais procédant plutôt à la réfection de granges ou d’étables.

Lucette naquit à Boujou le 19 Mai 1935. Lorsque éclata la seconde guerre, Julien fut mobilisé le 3ème jour et envoyé à Luneville dans le Nord comme cuisinier . Huit jours avant la débâcle, il était à Francazal près de Toulouse dans la défense passive aérienne. A la débâcle, il rentre à Rouffignac avec un vélo volé pour se remettre à travailler non dans la maçonnerie mais dans la propriété de Boujou pour « être sûrs de manger ».

Charles, qui allait encore à l’école, vint l’aider. En 1941 et 42 c’est à Sarlat qu’il se spécialisera dans le béton armé et travaillera à la réalisation des entrepôts du tabac.

Pendant la guerre, Charles devint plus ou moins agent de liaison du maquis de De Conchat de Peylon avec Raoul Reisdorff et Lachaud… De nombreuses réunions se faisaient à Boujou et il connaissait le père de Claude Baylé qui faisait partie du maquis.

Lorsque Rouffignac brûla ils firent 3 tournées de pain par jour pour les Rouffignacois  et ravitailler le maquis (avec des russes blancs) de St. Cloud puis à la Lébrerie vers Pinolie. Charles verra fusiller un milicien qui sera enterré dans le cimetière de Plazac. Petite histoire : peu avant la libération, après avoir poussé une camionnette restée au bord du chemin, ils trouvèrent 2 chargeurs de mitraillette sous le siège et deux maquisards qui dormaient dans le foin.

Dans ses missions de liaison, Charlie se souvient de sa peur lors d’un contrôle aux « Litoux » vers le pont de Lespinasse, à la Goudelie, et avoir convaincu les allemands qu’il allait à la pêche…. Ce fut encore Charles qui, à la fin la guerre garda et surveilla au Cheylard deux miliciens et un chef de police de Périgueux, pris par le maquis en attendant leur départ mais vers où ?…

Démobilisé à Montignac, le père s’établira maçon à Barre tandis que Charles ira chez André Vidal pendant 2 ans pour monter les baraquements avant de créer l’entreprise Julien et Charles Delmont qui faisait les marches des baraquements. Il resta 14 ans avec le père, faisant entre autres la maison de M. Leymarie et son balcon d’angle.

Il partira au service militaire début 1947 en troupe d’occupation en Allemagne sur les bords du lac de Constance. Il participa au déminage sur le Rhin, se brûla le visage sur une mine puis passa 8 jours de « cachot » dans un régiment disciplinaire et resta un an sans permission… Il ira deux fois à Lindau mais aussi à Baden Baden et coucha même sur la ligne Siegfried.

Il revient fin 1948 pour bâtir, à partir des plans des architectes Lafaye – Guthman, le Café de France, l’atelier de Paul Montauriol, les maisons de MM. Dazinière et Moulinier. L’entreprise familiale se composait alors d’une quinzaine d’ouvriers.

Charlie Delmont Rouffignac Dordogne

Charles se mariera à Coulounieix le 1er octobre 1949 avec Madeleine Bordas, née le 26 mai 1930, habitant Coulounieix et peut-être marraine de guerre…. De leur union naîtront Sylvie en 1953 et Jean Louis en 1962.

Après son court rappel de formation en 1951 à Libourne, avec Raoul Pompougnac il montera en 1953 une petite entreprise à Périgueux avec les amis Guillou et Migot. L’ entreprise connaîtra des hauts et des bas jusqu’au moment où il rentrera dans l’entreprise Delayre comme ouvrier puis chef de chantier avec Frontou. Il y restera 7 ans avant de regagner Rouffignac en 60 – 65 pour s’occuper des bêtes de sa ferme à Bombay tout en faisant quelques journées avec Destreguil et Chaumond. Comme le secteur était porteur, il voulut même reprendre son métier de maçon mais une chute dans la grange l’obligera à un arrêt définitif en 1975.

Charles, qui servit dans les forces françaises, est titulaire du diplôme de « La Fédération Nationale des Armées des Forces Françaises en Allemagne et Autriche ».

Delmont Charli Diamant Rouffignac Dordogne

Charles et Madeleine lors de leur Noces de Diamant célébrées à Boujou.

Photos et témoignage recueillis par André Carret en Novembre 2005.