Rouffignac-st cernin de reilhac
Michel Monduguet
Espace Mémoire
Ici, devant le magasin de « L’Angeline »
Les grands parents de Michel :
Marie Prévost dite « l’Angeline » est née le 15 mars 1879 au Purydier de parents cultivant la terre. Elle épousa Jean Monduguet également natif du Purydier. Veuve, elle épousa Jean Rosin puis Joseph Bourdeilh né le 10 juin 1866 et mort le 28 février 1916 de la grippe espagnole. De son premier mariage naquit Eugène Monduguet né le 6 octobre 1901.
Marie, grâce à M. Roger, ira à Paris se « placer » afin d’envoyer un peu d’argent à ses parents qui garderont Eugène au Purydier ; puis elle rentrera vers 1906 à Rouffignac.
Là, elle décide de monter sa « boutique » chez Marie Monribot (peintre) dans laquelle elle vendra de la mercerie et de la petite épicerie.
Mariée à Joseph Bourdeilh ils feront construire la maison actuelle pour s’y installer avec le magasin qui va progressivement prendre de l’importance grâce à l’aide de Joseph et de Charlou le père.
Ils vendront des œufs, puis se mettront à vendre de l’essence, d’abord dans des bidons de 5 litres eux-mêmes entassés dans des caisses en bois. Par la suite, l’Angeline modernisa les installations qui permettaient de tirer à la pompe du rez-de-chaussée soit du vin soit de l’huile qui étaient entreposées dans la cave dans des barriques de 200 litres.
L’Angeline et sa belle-fille Marie (femme d’Eugène) continueront à donner de l’animation à Rétat jusque vers les années 1980 où le magasin se transformera en magasin de fleurs.
Les parents de Michel :
Eugène, pendant ce temps, commencera ses études à St. Jean puis au grand séminaire de Bergerac où il obtiendra son brevet d’enseignement. Ce diplôme lui permettra d’entrer vers 1920 à la construction du barrage de Tuilières sur la Dordogne puis de devenir conducteur des travaux de la CG2E (ou CGEE) future EDF. Il travaillera aussi sur d’autres barrages. Il se mariera avec Marie Sautier et naîtra Michel le 2 Mai 1930.
Michel suivra ses parents au gré des chantiers et ce jusqu’en 1938, date à laquelle celui-ci, gagné par le mal du pays, décida de créer une petite entreprise d’électricité à Rouffignac.
La guerre va éclater et Michel aura juste le temps de fréquenter les classes de Mme Despeigne puis de Mme et M. Chaussade avant de partir en 1941 à St. Jean à Périgueux jusqu’en 1944. Il passera son DEP (Diplôme Élémentaire de Préparation).
Pendant son séjour à St. Jean, un soir de « sortie » avec le fils Requier qui l’avait invité (en face, vers « La Gauloise »), ils furent pris sous le feu d’arme automatique en rentrant à St. Jean. Le portail d’entrée en porta longtemps les marques…
De 1944 à 1948 il devint interne au collège professionnel d’Excideuil travaillant aux ateliers et apprenant la théorie.
Souvenirs de Michel :
Un jour à Rouffignac, comme sa grand-mère et sa mère passaient des commandes à Périgueux pour le magasin, Michel, âgé de 14 ans environ, présent devant l’église avec son charretou pour récupérer la marchandise laissée par le car Gonthier, vit 4 allemands qui prononçaient « maquis…maquis… ». Ils entrèrent dans le bureau de poste proche et tirèrent sur le matériel. La pauvre Didi qui s’y trouvait du avoir très peur. Qui étaient-ils ? Des Russes blancs ou des Géorgiens ? Que voulaient-ils ? Entrer dans le maquis ?
Autre souvenir. Le jour où brûla Rouffignac, Michel devait rentrer de St. Jean. Il s’arrêta manger chez sa cousine Nadal Paulette habitant à Lesparrat. Il vit un mouvement de troupe et dans un camion le père Nebout avec d’autres sans doute revenant d’Azerat et se dirigeant vers le 35° où ils restèrent un bon mois avant de partir pour l’Allemagne (pour les plus jeunes) ou rentrer à Rouffignac (pour les plus âgés).
Il arrive à Rouffignac : le grand-père Bourdeilh était resté à Rétat tandis que les parents et l’« Angeline » étaient chez Charlie à Boujou avec les Sautier, Labrousse en train de regarder brûler Rouffignac.
Autre anecdote : les Allemands avaient préparé des bottes de paille autour du magasin, mais Lanares qui parlait allemand car ancien prisonnier passant à bicyclette leur dit que cela ne faisait pas partie de Rouffignac et Retat ne brûla pas. Coïncidence !
Dès 8 ans il apprit la musique à St. Jean auprès de Blandin qui, aveugle, jouait sur les orgues de la Cité mais également auprès de M. Delmontel en fréquentant assidûment la fanfare.
La paix signée, il fallut reconstruire et la maison Monduguet était la seule à équiper les baraquements.
Jusqu’à la retraite de Michel, se succédèrent comme ouvrier : Estreguil de Plazac – Marcel Fonmarty – Ernest Paricaud qui, travaillait à La Béchade et étant juif fut averti de l’arrivée des allemands pour ne pas remonter – Pierrot Lescure – Jojo Mergnat – Roland Linares – Yvon Laborderie vers 1950 – Christian Rouvès – Paul Montauriol (Popol de Touvent) – Cyprien Soual – Michel Goursolle – Philippe Ladeuil – Michel Fournier – Francis Delibie – Michel Fontalirant – Bernard Soual – Patrick Nicolas – Jean Pierre Venant – Raymond Monribot – Michel Migret – Jean Gérard Faure – Robert Verneuil et quelques autres de Périgueux.
Outre les baraquements et la reconstruction des maisons en dur à Rouffignac, l’entreprise travailla bien sûr à Périgueux réalisant l’I.M.P., l’usine Moulinier, la faculté des sciences de Bordeaux, la caserne de paras à Pau, le F.P.A. avec d’autres confrères, le musée océanographique d’Arcachon et la C.O.P.A.R. à Limoges pour ne donner que quelques exemples. L’entreprise composée jusqu’à 8 et 10 ouvriers à certaines périodes était en société S.A.R.L.
Après son mariage avec Janine, ils s’installèrent dans le bourg à côté du café Guindre et commença la vente et le service après vente de tout le matériel électroménager : rasoirs, télé, tourne-disques, réfrigérateurs… Comme Michel avait fait un stage de radio technique à Bobigny grâce à Philips Radiola, il avait fait la connaissance de Duru son instructeur. Ce dernier avait fait les premiers essais de télé partant de la Tour Eiffel juste avant la guerre et avant de rejoindre l’Angleterre. Il lui avait dit qu’il devait pouvoir capter le Pic du Midi pour la télé et c’est ce qu’il fit avec une antenne de quelques 10 mètres lui permettant de voir, dans les années 1950, le journal télévisé en noir et blanc avec Catherine Langeais. Inutile de dire que les réserves de prunes à l’eau de vie commencèrent à baisser avec l’arrivée des nombreux camarades et voisins émerveillés. N’installa-t-il pas une télé à pièces au café restaurant La Renaissance où les sportifs venant parfois même de Périgueux aimaient s’y retrouver ?
Souvenirs divers de Michel :
Michel se souvient des journées festives du souvenir des 31 Mars 1945 où la fanfare jouait et où se déroulait un bon repas des anciens chez le « Pot » (Paul Montauriol). Au cours de ces repas, l’on ne peut oublier Pierre Pompougnac spécialiste des blagues et histoires….
Michel se souvient de ce jour de fête à Fossemagne après le repas bien arrosé chez Auzit, le porte bannière Raymond Buc partit d’un côté et la fanfare de l’autre….
Michel joua dans l’équipe de rugby avec Delbut et Vilatte présidents et Maurice Lescot, Bouboule, Jojo et Jean Dazinière, René Rouvès, Loulou Lescot du Sud, Néné Nicolas et René Barry.
Mais aussi dans l’équipe de foot les Mammouths dont il deviendra même le président, avec Doido, Lafaysse, Rizetto et Michel Montauriol le goal.
Michel Monduguet, dynamique et toujours dévoué à la cause publique, fera partie des premiers artisans commerçants à créer le corps de sapeurs-pompiers. Bien évidemment nous le retrouvons au comité des fêtes puis conseiller municipal en 1965 et bien vite premier adjoint, participant toujours aux manifestations locales et s’investissant dans l’aide ménagère à domicile. Il donna beaucoup de son temps à soulager bénévolement les zonas ou les brûlures, grâce au don reçu de sa grand-mère l’Angeline ; e qui lui faisait dire toujours en plaisantant : « après avoir été pompier, avoir enlevé le feu je ne veux absolument pas être incinéré ».
L’usine et ses souvenirs, avenue du Général de Gaulle
Photos et Témoignage recueillis par André Carret
